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Après le choc des nouvelles en provenance du Japon, je me décide à écrire un autre article sur la Bolivie. J'ai passé la semaine à essayer de prendre les derniers développements sur les réacteurs nucléaires en surchauffe tout en continuant mon voyage.
Je suis à présent à Oruro, ville minière qui souffre de fermetures multiples de ses exploitations et qui voit sa population en mal de travail. Aujourd'hui, il y avait des manifestations dans les rues principales. Des mineurs. Le mois dernier, j'en avais vu une autre contre le projet du gouvernement d'augmenter le tarif des transports en commun de 76%. Tout n'est pas rose pour ces gens qui aiment tant faire la fête, loin s'en faut.
J'ai rencontré à Copacabana deux charmants messieurs boliviens férus de politique et d'économie qui avaient des idées bien arrêtées sur la situation mais ils n'étaient pas opposés à leur gouvernement. La politique mise en place par Evo Morales avait selon eux porté certains fruits. Les caisses de l'état étaient à présent bien remplies. Malheureusement, la situation économique mondiale a stoppé en plein élan l'essor du pays.
Par contre, ce soir, une dame attablée à ma table pour le repas du soir consistant en une grande tasse de café et une salteña était plus critique. Pourtant, le président semble communiquer amplement sur ses actions, telles que l'instauration d'un minimum vieillesse ou la santé pour tous.
C'est un des reproches qui lui sont faits : argent public "gaspillé" pour des affiches ou des annonces dans des journaux ou magazines dans des efforts multipliés de donner une bonne image de lui-même ou de sa politique. Les campagnes de publicité visant à cacher la réalité des problèmes du pays (Datos du Groupe Expresspress de février 2011). Cela me rappelle étrangement quelqu'un de mon pays...
Un autre reproche émanant de la presse justement concerne les nombreuses tentatives de contrôle ou d'intimidation des media.
Dans les manifestations, certains réclament la démission d'Evo Morales. Preuve qu'il existe quand même une certaine liberté de parole.
En ce moment et depuis plusieurs jours ont lieu des affrontements entre forces armées et étudiants de La Paz. Les chaînes de télé locales sont tellement partiales dans leurs jugements ou explications qu'il est difficile de n'y pas voir la main du gouvernement.
La Bolivie avance - Evo continue à aller de l'avant (traduction personnelle et non littérale) - Photo très sombre, mes excuses. Prise à l'entrée du village de Samaipata.
"La santé, avant pour quelques-uns-maintenant pour tous." Photo prise dans les environs de Sorota.
J'ai passé une belle semaine à Copacabana grâce en partie à Marion, Française et voyageuse au long cours, et ses copains retrouvés à Copa. Nous partagions la même chambre à la Paz et nous avons choisi de continuer ensemble le voyage.
J'ai fait une excursion de deux jours avec toute cette joyeuse bande sur l'Isla del Sol et le beau temps et la nature impressionnante, encore une fois, nous a ravis. La traversée en bâteau nous avait pourtant effrayés car à l'arrivée, nous étions tous transis de froid. L'île du Soleil rappelle la Méditerranée, avec ses côtes joliment découpées, ses criques à la Cassis ou Marseille.
Après le départ de Marion, je suis encore restée quelques jours à Copa, goûtant le soleil entre deux orages de pluie ou de grêle, et des balades dans les environs. Le dernier jour, j'ai fait un tour de lac (il fait 8 000 km2, donc un tout petit petit tour) de plusieurs heures et j'ai fait le plein de beaux paysages sans pratiquement rencontrer personne. Les rares vieilles personnes que j'ai croisées ont été très gentilles et m'ont fait un brin de causette. L'une d'elles parlait dans sa langue, aymara j'ai supposé, alors la conversation a été évidemment limitée. Mais l'intention y était.
On m'avait parlé de Sorata, petit village au nord, tellement beau et reposant alors j'y suis allée. Petit, c'est vrai. Beau, aussi. Quant au repos, j'aurais franchement préféré en avoir moins mais comme il a fait un temps pourri, pluie, bruine ou brouillard tellement épais qu'on n'y voyait pas à 5 mètres, il n'y avait rien d'autre à faire. Le seul moment où il y a eu une éclaircie, je suis partie en promenade, toute guillerette. Au bout de deux heures, j'ai été obligée d'écourter le plaisir pour cause de piqûres de moucherons. Pire que des moustiques en fait car les démangeaisons me réveillent plusieurs fois dans la nuit encore aujourd'hui et on dirait que j'ai attrapé la varicelle. Ils m'ont attaquée aux chevilles, aux mains et au cou. Heureusement, à Sorata, j'ai fait la connaissance d'un jeune Américain et on a passé les soirées à discuter et à lire. Quand j'ai quitté Sorata, la brume recouvrait les montagnes alentour. Ca doit être vraiment superbe en hiver, à partir du mois prochain...
Je suis passée par La Paz pour aller à Oruro. Cela m'a permis d'avoir un aperçu de la capitale en temps normal puisque je ne la connaissais qu'en période carnavalesque. La traversée de la ville m'a pris quelques heures en raison des embouteillages. Je ne regrette aucunement mon passage éclair !
Il fait beau dans la journée à Oruro et j'ai l'impression d'être à nouveau dans une vraie ville bolivienne avec sa circulation brouillonne et les bâtiments en construction. Je trouve les gens plus accueillants. Mais c'est peut-être moi qui suis plus ouverte, tellement contente de retrouver une température clémente et du soleil surtout.
Départ demain soir pour Tarija, sud du pays, dernière destination avant Santa Cruz et le retour.
lama, champs de fèves et lac Titicaca en arrière-plan aux abords du lac